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Malaises mortels au travail : l’INRS publie une étude visant à mieux comprendre leur origine pour renforcer leur prévention

Lecture 8 min
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Enzo Métayer

Mis à jour le 17 février 2025

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L’actualité de la santé au travail connaît aujourd’hui une évolution majeure grâce à la publication d’une étude récente par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Publiée en décembre 2024, cette analyse qualitative porte sur les malaises mortels survenus entre 2012 et 2022 et met en lumière les causes sous-jacentes à ces accidents du travail souvent méconnus. Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon complet de l’étude, des données issues de la base EPICEA aux recommandations de prévention, en passant par le profil des victimes et les facteurs de risque impliqués.

Contexte de l'étude INRS

L’INRS, acteur incontournable de la prévention des risques professionnels, a entrepris d’approfondir la compréhension des malaises mortels, lesquels représentent une part importante des accidents du travail mortels en France.

Origine des malaises mortels

Selon les chiffres récents, environ 56 % des accidents du travail mortels enregistrés en 2021 sont qualifiés de malaises mortels, c’est-à-dire des décès survenant sur le lieu de travail sans cause externe identifiable (chute, choc, électrocution, etc.). Cette situation suscite une préoccupation grandissante, tant pour les entreprises que pour les institutions en charge de la santé au travail.

Objectifs de l'étude

L’étude publiée par l’INRS vise à :

  • Identifier précisément les causes de ces malaises mortels.
  • Analyser les circonstances dans lesquelles ils surviennent.
  • Proposer des mesures concrètes pour améliorer la prévention en entreprise.

Ces objectifs s’inscrivent dans une démarche de renforcement de la culture de prévention, essentielle pour réduire le nombre de ces drames évitables.

Méthodologie et données de la base EPICEA

Pour mener à bien cette analyse, l’INRS s’est appuyé sur la base nationale EPICEA, un outil central de collecte d’informations sur les accidents du travail.

La base EPICEA : un outil d’analyse qualitatif

La base EPICEA, acronyme d’« Étude de prévention par l’informatisation des comptes rendus d’accidents », regroupe plus de 26 000 cas d’accidents du travail, allant des incidents graves aux cas mortels. Pour cette étude, 143 malaises mortels recensés entre 2012 et 2022 ont été sélectionnés pour une analyse approfondie.

Critères de sélection et variables étudiées

L’INRS a analysé ces cas en se focalisant sur plusieurs variables essentielles telles que :

  • Le contexte de survenue (heure, lieu, conditions de travail).
  • Le profil de la victime (âge, sexe, métier).
  • Les conditions de présence au moment du malaise (travail isolé ou en équipe).

Pour approfondir la compréhension des situations, l’étude intègre également l’évaluation des risques professionnels et la prise en compte des facteurs d’exposition cumulés.

Lien vers le DUERP

L’étude rappelle aussi l’importance du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), obligatoire selon l’article L4121-1 du Code du travail. Pour en savoir plus sur cette obligation légale, consultez le guide disponible sur ameli.fr.

Profil des victimes et secteurs les plus touchés

L’analyse de l’INRS permet de dégager un profil précis des victimes de malaises mortels au travail.

Démographie des victimes

  • Sexe : Près de 93,7 % des malaises mortels concernent des hommes.
  • Âge : L’âge médian des victimes se situe autour de 51 ans, avec une prédominance dans les tranches d’âge des 40–59 ans.

Métiers à risque

Parmi les professions les plus touchées, on note :

  • Conducteurs de poids lourds et de camions : Environ 20 % des cas.
  • Métiers qualifiés du bâtiment et assimilés : Près de 6 % des cas.
  • Électriciens du bâtiment et assimilés : Environ 3 % des cas.

Ces statistiques montrent l’impact disproportionné des malaises dans certains secteurs, particulièrement ceux soumis à des conditions de travail physiquement et psychologiquement éprouvantes.

Conditions de travail au moment du malaise

L’étude révèle également que dans environ 20 % des cas, les salariés concernés effectuaient des horaires atypiques (travail de nuit, week-end) et que dans trois cas sur quatre, la victime se trouvait isolée au moment de la survenue du malaise. Ces éléments soulignent la nécessité de revoir l’organisation du travail et les dispositifs de secours en entreprise.

Facteurs de risque favorisant les malaises mortels

Plusieurs facteurs de risque professionnels ont été identifiés comme contribuant à la survenue de ces malaises mortels, souvent liés à des conditions de travail stressantes et à une exposition prolongée à divers dangers.

Risques psychosociaux et horaires atypiques

  • Stress et pression professionnelle : Les risques psychosociaux (RPS) jouent un rôle important dans l’augmentation du risque cardiovasculaire.
  • Horaires décalés : Le travail de nuit ou en équipes rotatives peut perturber le rythme biologique, favorisant ainsi des troubles cardiaques.

Conditions physiques et environnementales

  • Postures sédentaires prolongées : Un manque d’activité physique est reconnu par l’OMS comme l’un des principaux facteurs de risque de mortalité prématurée.
  • Ambiances thermiques extrêmes : L’exposition au froid ou à une chaleur excessive peut également provoquer des chocs thermiques et augmenter le risque d’infarctus.

Expositions multiples

  • Polyexposition : Dans certains cas, l’exposition simultanée à plusieurs facteurs de risque (bruit, chaleur, postures contraignantes) agit de manière cumulative et accroît significativement le risque de malaise mortel.

Ces facteurs, combinés aux conditions de travail isolées et à un suivi médical parfois insuffisant, expliquent en partie la fréquence élevée des malaises mortels dans certains secteurs professionnels.

Recommandations pour renforcer la prévention

Face à cette problématique, l’INRS propose plusieurs axes de prévention visant à réduire l’incidence des malaises mortels au travail et à améliorer la sécurité des salariés.

Renforcer l’évaluation des risques professionnels

  • Mise à jour régulière du DUERP : L’actualisation annuelle (et lors de toute modification des conditions de travail) est indispensable pour adapter les mesures de prévention.
    Pour en savoir plus, consultez le DUERP sur ameli.fr.

Améliorer l’organisation des secours

  • Formation aux gestes de premiers secours : Former un nombre suffisant de sauveteurs secouristes du travail (SST) permet d’accélérer l’intervention en cas de malaise.
  • Équipement adéquat : La mise à disposition de défibrillateurs automatiques externes (DAE) et d’autres équipements de premiers secours sur site est cruciale.

Optimiser le suivi médical

  • Visites de mi-carrière : Utiliser ces visites comme un moment opportun pour évaluer le risque cardiovasculaire des salariés et adapter, si nécessaire, leur poste de travail.
  • Suivi individualisé : Assurer un suivi régulier et personnalisé des salariés, notamment ceux exposés à des conditions de travail particulièrement éprouvantes.

Améliorer la culture de prévention en entreprise

  • Sensibilisation : Organiser des sessions d’information sur les risques professionnels et les gestes qui sauvent contribue à renforcer la vigilance de chacun.
  • Dialogue social : Impliquer les représentants du personnel et les comités sociaux (CSE) dans l’élaboration et la mise à jour du DUERP favorise une meilleure appropriation des mesures préventives.

Perspectives et conclusion

L’étude de l’INRS constitue un véritable signal d’alarme pour l’ensemble des acteurs du monde du travail. Alors que les malaises mortels restent majoritaires parmi les accidents du travail mortels, il apparaît urgent d’agir sur plusieurs leviers pour améliorer la prévention.

Vers une meilleure prévention collective

Les données issues de la base EPICEA offrent une base solide pour repenser l’organisation du travail et renforcer la prévention. Le développement de dispositifs de suivi médical renforcé, la formation aux premiers secours et l’amélioration du dialogue social en entreprise sont autant de pistes pour réduire significativement le risque de malaises mortels.

Le rôle des textes de loi

La réglementation actuelle, notamment les dispositions du Code du travail (article L4121-1) et les obligations relatives au DUERP, constitue un cadre légal solide pour la prévention des risques. Toutefois, il appartient aux entreprises de dépasser la simple conformité réglementaire pour instaurer une véritable culture de prévention.

Questions / Réponses

Q1 : Pourquoi la mise à jour du DUERP est-elle si importante ?
R1 : La mise à jour régulière du DUERP permet d’adapter les actions de prévention aux évolutions des conditions de travail et aux nouveaux risques identifiés, garantissant ainsi une protection optimale des salariés.

Q2 : Quels métiers sont les plus exposés aux malaises mortels ?
R2 : Les conducteurs de poids lourds, les professionnels du bâtiment et les électriciens figurent parmi les métiers les plus touchés, en raison des conditions de travail souvent difficiles et des expositions multiples à divers risques.

Q3 : Quelles mesures immédiates peuvent être mises en place en cas de malaise au travail ?
R3 : Il est essentiel de former les salariés aux gestes de premiers secours, de mettre à disposition des défibrillateurs automatiques et d’organiser une intervention rapide en cas de malaise.

Q4 : Comment sensibiliser efficacement les salariés aux risques cardiovasculaires ?
R4 : La sensibilisation passe par des sessions d’information régulières, l’intégration de ces risques dans le suivi médical (notamment lors des visites de mi-carrière) et la promotion d’un mode de vie actif au sein de l’entreprise.

Conclusion

Face aux enjeux soulevés par cette étude, il apparaît indispensable de repenser la prévention en entreprise. La prise en compte des facteurs de risque multiples, l’amélioration des dispositifs de secours et un suivi médical renforcé sont des leviers essentiels pour réduire le nombre de malaises mortels au travail. En dépassant la simple obligation légale et en s’engageant dans une démarche proactive, entreprises et institutions pourront, à terme, sauver des vies et améliorer durablement les conditions de travail.

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Portrait de Enzo Métayer

Enzo Métayer

Fort d’une solide expérience dans les TPE et PME, j’ai souvent constaté que les outils existants manquaient d’efficacité. Animé par une passion inébranlable pour l’innovation et la simplicité, je suis déterminé à transformer la manière dont les entreprises gèrent leurs processus. Mon objectif est clair : créer des solutions intuitives et efficaces qui libèrent du temps et de l’énergie, permettant ainsi aux équipes de se concentrer sur l’essentiel, la performance et le succès de leurs projets. Toujours à l’affût des dernières tendances, je partage régulièrement des actualités et solutions pour accompagner les entreprises dans leur quête d’efficacité et d’excellence.

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