La Prime de Partage de la Valeur (PPV) – anciennement connue sous le nom de prime Macron – s’est imposée ces dernières années comme un dispositif phare permettant aux entreprises de récompenser leurs salariés tout en bénéficiant d’un régime fiscal et social avantageux. En 2025, d’importantes nouveautés viennent modifier le cadre d’application de la PPV, tant sur le plan de sa pérennisation que sur celui de ses modalités de mise en œuvre et d’exonération. Cet article détaille le contexte, les évolutions et les impacts de ces nouveautés pour les entreprises et les salariés.
Contexte et évolution de la Prime de Partage de la Valeur
Historique et origine de la PPV
Initialement instaurée en 2018 sous le nom de prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA), la prime Macron avait pour objectif de renforcer le pouvoir d’achat des salariés dans un contexte d’inflation. Depuis, le dispositif s’est transformé pour devenir la Prime de Partage de la Valeur, qui, dès juillet 2022, s’est affirmée comme une mesure pérenne permettant aux entreprises de verser une prime facultative tout en respectant des conditions d’exonération précises (economie.gouv.fr).
Un cadre réglementaire en constante évolution
La loi du 16 août 2022, complétée par la loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 portant transposition de l’accord national interprofessionnel relatif au partage de la valeur, encadre désormais ce dispositif. Ces textes prévoient non seulement le maintien de la PPV, mais aussi des ajustements – notamment en matière de plafonds d’exonération et de modalités de versement – destinés à adapter la prime aux réalités économiques des entreprises. Ainsi, le cadre juridique de la PPV s’inscrit dans une dynamique de modernisation du partage des bénéfices, tout en veillant à ne pas se substituer à une augmentation de salaire prévue par un accord collectif ou un contrat de travail.
Nouveautés 2025 de la PPV
La pérennisation du dispositif
En 2025, la PPV ne sera plus perçue comme une mesure exceptionnelle mais comme un dispositif pérenne. Cette évolution est essentielle pour instaurer une continuité dans le partage de la valeur entre l’entreprise et ses salariés. En intégrant la PPV dans une rubrique dédiée de l’épargne salariale – accessible via le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS) – le gouvernement souhaite marquer une volonté de normalisation du dispositif.
Nouvelle rubrique dans le BOSS
La PPV fait désormais l’objet d’un chapitre spécifique au sein de la nouvelle rubrique « Épargne Salariale ». Ce changement de présentation vise à clarifier l’ensemble des dispositifs de partage du profit et à leur conférer un caractère durable, contrairement à l’ancienne classification dans le bloc « Mesures exceptionnelles ». Cette mise en forme contribue également à améliorer la visibilité et la compréhension pour les professionnels et les salariés (boss.gouv.fr).
Obligation expérimentale pour certaines entreprises
À partir du 1er janvier 2025, une obligation expérimentale s’applique aux entreprises de 11 à 49 salariés. Pour ces PME, si elles réalisent un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % de leur chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs, elles devront mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Il s’agit d’une expérimentation d’une durée de cinq ans, destinée à tester l’impact de cette mesure sur le terrain avant une éventuelle généralisation (code.travail.gouv.fr, travail-emploi.gouv.fr).
Dispositifs au choix
Ces entreprises disposent de plusieurs options pour satisfaire à l’obligation de partage de la valeur. Elles peuvent opter pour :
- Le versement direct d’une PPV,
- La mise en place d’un accord d’intéressement,
- Un dispositif de participation,
- Ou encore l’abondement sur un plan d’épargne salariale (PEE, PEI, Perco, Pereco).
Cette diversité de choix permet aux employeurs d’adapter le dispositif à leur structure et à leur stratégie de rémunération, tout en respectant le cadre légal défini par la loi du 29 novembre 2023.
Conditions d’exonération et modalités de mise en œuvre
Plafonds et exonérations sociales
L’un des atouts majeurs de la PPV réside dans son régime d’exonération. Pour chaque salarié, la prime est exonérée de cotisations et contributions sociales jusqu’à un plafond de 3 000 € par an. Ce plafond peut être porté à 6 000 € dans certains cas, notamment pour les entreprises d’au moins 50 salariés ayant mis en place un dispositif d’intéressement ou de participation, ou pour les entreprises de moins de 50 salariés ayant conclu un accord d’intéressement ou de participation volontaire. Au-delà de ces plafonds, la prime est soumise aux cotisations et contributions habituelles (eres-group.com).
Conditions de versement et critères de modulation
Le montant de la PPV est librement fixé par l’employeur, mais pour bénéficier des exonérations, il doit être versé dans le cadre d’un accord d’entreprise ou d’une décision unilatérale, après consultation du Comité Social et Économique (CSE) lorsque celui-ci existe. De plus, la modulation du montant peut être effectuée selon des critères objectifs tels que :
- La rémunération,
- L’ancienneté,
- La durée de présence effective,
- La classification des salariés.
Ces critères garantissent une répartition équitable de la prime et évitent toute discrimination. Par ailleurs, la prime peut être versée en une ou plusieurs fois, dans la limite d’un versement par trimestre, voire deux fois par an selon les modalités fixées par l’accord.
Impacts pour les entreprises et les salariés
Avantages pour l’entreprise
Du point de vue de l’employeur, la PPV offre plusieurs avantages stratégiques et économiques :
- Optimisation fiscale et sociale : En respectant les plafonds d’exonération, l’entreprise bénéficie d’un allègement de charges, constituant ainsi un levier de compétitivité.
- Attractivité et fidélisation : Verser une PPV permet de valoriser les collaborateurs et de renforcer leur engagement, un atout essentiel dans un marché du travail concurrentiel.
- Flexibilité des dispositifs : La possibilité de choisir parmi plusieurs mécanismes (versement direct, intéressement, participation ou abondement) offre une grande souplesse d’adaptation aux spécificités de chaque entreprise.
Impact sur le pouvoir d’achat des salariés
Pour les salariés, la PPV représente un complément de rémunération avantageux, notamment parce que :
- Exonération d’impôt et de cotisations : Dans la limite des plafonds, le montant perçu ne subit pas de prélèvements sociaux ni d’impôt sur le revenu, ce qui maximise l’impact net sur le pouvoir d’achat.
- Option d’affectation à l’épargne : Les salariés peuvent choisir de placer tout ou une partie de leur prime sur un plan d’épargne salariale ou un plan d’épargne retraite d’entreprise, optimisant ainsi leur fiscalité tout en préparant leur avenir.
- Reconnaissance de la contribution : La distribution de la PPV participe à une politique de reconnaissance de la contribution des salariés aux performances de l’entreprise, renforçant ainsi leur sentiment d’appartenance et leur motivation (economie.gouv.fr).
Questions / Réponses
Q1 : La PPV peut-elle remplacer une augmentation de salaire ?
Non. La PPV est un complément de rémunération qui ne peut se substituer à un salaire ou à une augmentation prévue par un accord salarial ou par le contrat de travail.
Q2 : Qui est éligible à la PPV ?
Tous les salariés, y compris les apprentis, les intérimaires et les agents relevant d’établissements publics à caractère industriel et commercial, ainsi que les travailleurs handicapés des ESAT. Seuls les chefs d’entreprise non liés par un contrat de travail et les conjoints collaborateurs (sauf dispositions spécifiques) sont exclus.
Q3 : Comment le plafond de 6 000 € est-il obtenu ?
Ce plafond s’applique si l’entreprise, quelle que soit sa taille, met en place un dispositif d’intéressement ou de participation – ou conclut un accord volontaire – permettant de porter le montant exonéré à 6 000 € par an et par salarié, au lieu de 3 000 €.
Q4 : Les entreprises de 11 à 49 salariés sont-elles obligées de verser la PPV ?
Oui, à titre expérimental. Si elles réalisent un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % de leur chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs et qu’elles ne sont pas déjà couvertes par un accord d’intéressement ou de participation, elles devront mettre en place un dispositif de partage de la valeur. Cette obligation expérimentale est en vigueur pendant 5 ans.
Conclusion
Les nouveautés de 2025 marquent une étape importante dans l’évolution de la Prime de Partage de la Valeur. Désormais pérenne et intégrée dans une rubrique dédiée de l’épargne salariale, la PPV se voit renforcée par une obligation expérimentale pour les PME de 11 à 49 salariés, qui devront mettre en place un mécanisme de partage de la valeur sous condition de bénéfices réguliers.
Ce dispositif offre une réelle opportunité pour les entreprises d’optimiser leur politique de rémunération tout en bénéficiant d’avantages fiscaux et sociaux significatifs. Pour les salariés, la PPV représente un moyen efficace de renforcer leur pouvoir d’achat et de se constituer une épargne complémentaire, surtout lorsqu’elle peut être affectée à un plan d’épargne salariale.
En somme, la PPV en 2025 est bien plus qu’un simple complément de rémunération : elle incarne une nouvelle ère dans la gestion des ressources humaines, alliant flexibilité, incitations fiscales et renforcement du lien social au sein des entreprises.
Cet article vise à éclairer employeurs et salariés sur les enjeux et modalités du partage de la valeur en 2025. Pour approfondir ces questions et consulter les textes officiels, n’hésitez pas à vous rendre sur les sites gouvernementaux tels que ceux du Ministère de l’Économie et de la Sécurité Sociale.